Comment s'effectue la séparation de l'âme et du corps ?




Séparation de l’âme et du corps



La séparation de l’âme et du corps n’est pas douloureuse. Le corps souffre souvent plus pendant la vie qu’au moment de la mort, l’âme n’y est pour rien. Les souffrances que l’on éprouve quelque fois au moment de la mort sont une « jouissance pour l’esprit » qui voit arriver le terme de son exil.
Dans la mort naturelle, celle qui arrive par l’épuisement des organes à la suite de l’âge, l’homme quitte la vie sans s’en apercevoir. C’est une lampe qui s’éteint faute d’aliment. La séparation de l’âme et du corps ns se fait pas instantanément. L’âme se dégage graduellement. Pendant la vie, l’esprit tient au corps par son enveloppe semi-matérielle ou périsprit. La mort est la destruction du corps seul et non du périsprit. L’observation prouve qu’à l’instant de la mort le dégagement du périsprit n’est pas subitement complet, il ne s’opère que graduellement et avec une lenteur très variable selon les individus. Chez les uns, il est assez prompt et l’on peut dire que le moment de la mort est celui de la délivrance à quelques heures près. Mais chez d’autres, ceux surtout dont la vie a été toute matérielle et sensuelle, le dégagement est beaucoup plus long et dure parfois des mois. Il est rationnel de concevoir en effet que plus s’est identifié avec la matière, plus il a de peine à s’en séparer. Tandis que l’activité intellectuelle et morale, l’élévation des pensées opère un commencement de dégagement, même pendant la vie du corps et quand arrive la mort, il est presque instantané.
Dans l’agonie, l’âme a déjà quelques fois quitté le corps, il n’y a plus que la vie organique. L’homme n’a plus conscience de lui-même. Le corps est une machine que le cœur fait mouvoir, il existe tant que le cœur fait circuler le sang dans les veines et n’a pas besoin de l’âme pour cela.
L’âme en quittant le corps reste quelque temps dans le trouble.
Au moment de la mort tout est d’abord confus, il faut quelques temps à l’âme pour se reconnaître, elle est comme étourdie et dans l’état d’un homme sortant d’un profond sommeil et qui cherche à se rendre compte de sa situation.
La lucidité des idées et la mémoire du passé lui reviennent à mesure que s’efface l’influence de la matière dont elle vient de se dégager et que se dissipe l’espèce de brouillard qui obscurcit ses pensées. La durée du trouble qui suit la mort est très variable, le dégagement dure de quelques heures (êtres très évolués) à plusieurs mois, années.
Ce trouble présente des circonstances particulières selon le caractère des individus et surtout selon le genre de mort. Dans les morts violentes par suicide ou accident etc…, l’esprit est surpris, étonné et ne croit pas être mort, il le soutient avec opiniâtreté, pourtant il voit son corps, il sait que ce corps est le sien et il ne comprend pas qu’il en soit séparé. Il va auprès des personnes qu’il affectionne ; leur parle et ne conçoit pas pourquoi elles ne l’entendent pas. Cette illusion dure jusqu’à l’entier dégagement du périsprit, alors seulement l’esprit se reconnaît et comprend qu’il ne fait plus partie des vivants.
Le trouble qui suit la mort n’a rien de pénible pour l’homme de bien. Il est calme et en tout semblable à celui qui accompagne un réveil paisible.
Pour celui dont la conscience n’est pas mure, il est plein d’anxiété et d’angoisses qui augmentent à mesure qu’il se reconnaît.