Camille Flammarion naquit le 26 février 1842 à Montigny le Roi, près de Langres, dans une famille de cultivateurs.
A 4 ans, il savait lire, à 4 ans et demi, il écrivait et à 5 ans, il apprenait la grammaire et l'arithmétique.
Étudiant et chercheur précoce, il se passionna de bonne heure pour l'astronomie et la philosophie. L'un des premiers points qui aient frappé son imagination étant de savoir sur quoi repose la terre, qu'on disait ronde. Aucune réponse ne lui semblait satisfaisante.
A 16 ans, il a ses 2 bachots et se retrouve à 17 ans, élève astronome près de Le Verrier. A 19 ans, il publia chez Didier, libraire scientifique, sa première œuvre "Pluralité des mondes habités".
C'est à peu près à cette même époque, qu'il aperçut le Livre des Esprits d'Allan Kardec dans une vitrine des galeries de l'Odéon. Il l'acheta, le lut très vite et entra très vite en relation avec le fondateur du mouvement spirite.
Suite à cette rencontre, il publia son 1er article le 1er février 1863, dans la revue Française. Il était intitulé : "les esprits et le spiritisme".
Camille Flammarion ne tenait rien de l'hérédité. Tous ses ascendants étaient des cultivateurs. Son père avait été marchand. Des 4 enfants du foyer, aucun ne lui ressemblait. Chacun semblait avoir une identité différente et il crut déjà entrevoir là un fait de l'évolution des âmes et cette question le passionna comme l'astronomie.
Et durant toute sa vie, il mène de front l'astronomie et l'étude des problèmes psychiques. Dans la contemplation du ciel, il a l'impression très nette qu'il y a relation étroite dans toutes les forces vives et l'être humain est doué de facultés inconnues.
Il ne se limita pas qu'à l'étude, il fut aussi un expérimentateur avisé, et parvint au cours d'expériences menées avec Eusapia Palladino, grande médium à son époque, à Montfort l'Amaury en 1897, à photographier des tables en lévitation, ce qui était très difficile où les moyens techniques étaient loin du niveau actuel.
Il n'avait que 27 ans, lorsque survint le décès d'Allan Kardec, le 31 mars 1869 et c'est lui qui prononça le discours lors des osèques le 2 avril 1869.
Citons quelques extraits de ce discours :
"Car Messieurs, le spiritisme n'est pas une religion, mais une science, science dont nous connaissons à peine l'A.B.C.
Le surnaturel n'existe pas et les manifestations obtenues, par l'intermédiaire des médiums sont de l'ordre naturel et doivent être soumises au contrôle de l'expérience. Il n'y a plus de miracle. Nous assistons à l'aurore d'une science inconnue."

Tu fus le premier, O maître et ami.
"Maintenant tu es retourné à ce monde d'où nous sommes venus et tu recueilles le fruit de tes études terrestres."
Il était d'une rare indépendance de caractère et ne s'est jamais gêné pour heurter de front les préjugés et pour fustiger la sottise humaine. Il avait une horreur innée pour l'état militaire. Dans tous ces ouvrages, il a attaqué avec vigueur l'institution de la guerre.
"A part deux ou trois exceptions sur 1000 êtres humains, écrivait-il dans la mort et son mystère, nous pouvons avouer que nous habitons une planète de brutes. Notre race terrestre, loin d'avoir l'âge de raison n'a guère que 4 ou 5 ans."
Et dans ses mémoires, publiées en 1911, dans un chapitre intitulé "Stupide organisation sociale" il écrivait :"cette race prétendue intelligente trouve tout naturel, l'accepte tranquillement, se prépare constamment à ces holocaustes, les subit comme une nécessité, qui ne dépend pourtant que de sa propre volonté, et élève des monuments aux vainqueurs et aux vaincus. Serait-il possible d'être plus inconscient ? Et tout cela, souvent, pour les vautours de la finance"
Avec de telles opinions et en affirmant la réalité des phénomènes métapsychiques, il n'est pas étonnant que son nom soit soumis à une conspiration du silence et de l'oubli.
En 1923, 2 ans avant sa mort, il fut élu à la présidence de la Society for Psychical Research de Londres et dans son discours il dit
"j'avoue que je suis un peu ébloui par votre constellation d'astres de première grandeur où brillent les noms de William Crookes, d'Henri Bergson, d'Oliver Lodge, de Frédéric MYERS.
Camille Flammarion s'est éteint le 4 juin 1925, dans son domaine de Juvisy où il avait réservé dans le parc, une place pour sa tombe.
Il aimait dire : "voilà ma tombe, elle est prête, je descendrai un soir de mon cabinet pour prendre ma place".