Ecoute ma douleur, décrypte ma souffrance.


Nous voulons tous accompagnés de bonnes intentions aider l’autre à sortir de son mutisme, de son silence, de sa souffrance, qu’il s’agisse d’une souffrance morale, physique ou spirituelle.

Aider ce n’est pas porter l’épreuve d’une  autre personne.

Celle-ci lui appartient, il la vit dans ses entrailles. Son épreuve et les traces émotionnelles  physiques et spirituelle de celle-ci vous laisseront étranger dans votre perception intime et profonde.

Aider une personne qui souffre c’est simplement l’accompagner, lui permettre d’être dans son épreuve d’une façon différente de nous même. C’est-à-dire de le voir différent de soi, le voir comme un être unique, une personne.   

Aider c’est donc l’accepter tel qu’il est, de l’accueillir comme il est. Être simplement et présent pour partager un moment avec lui.

C’est un moment de présence totale à l’autre et de disponibilité physique, mentale, émotionnel et spirituel.

Un moment où la parole brute et authentique, doit circuler et où les émotions d’une personne qui souffre avec ses désirs, ses espoirs, ses colères, sa religion, ses valeurs morales… doivent trouver leur place. 

Nous devons être capable de lui dire simplement « J’entends ta souffrance et je la comprends ».

« L’écouter » c’est aussi dialoguer, échanger des mots, reformuler sans chercher pour cela à s’invertir dans la vie de l’autre ou à vouloir trouver une réponse pour lui, ce n’est pas ce qu’il vous demande.

Le rôle de l’écoutant doit permettre à la personne en souffrance de trouver ses propres réponses. 

L’écoute demande d’être  prêt à tout entendre, sans jugement  avec une neutralité et une disponibilité. Pour atteindre cette disponibilité,  il faut que le récepteur ait été lui-même écouté.

Dans la disponibilité, le plus difficile est d’accepter de taire nos propres souffrances, nos propres deuils afin de recueillir les siens, aller à sa rencontre, sur les chemins parfois bien difficiles du silence, de son silence, sans souci ou attente de  reconnaissance.

Parvenir à rendre l’autre plus libre non pas par ce que l’on aura dit  mais par ce que nous aurons recueilli.

Savoir se taire pour savoir entendre.

Lui faire découvrir ses propres ressources, lui laisser son libre arbitre être un support, un réceptacle, un contenant, ou un magnétophone d’une parole consentie restant dans une passivité apparente un miroir vivant ou il se livre à lui-même,  sans lui conseiller qu’il aille devant le problème comme-ci il avançait devant un miroir reflétant notre image et nos problèmes.

L’écoute sera évidemment différente s’il s’agit d’un ami, d’un parent ou vous pouvez être investi en partie dans le problème, dans ce cas suite à un dialogue, un choix commun pourra être pris.

Elle sera différente si l’autre par des questions attend une réponse de votre part, dans ce cas c’est l’autre qui vous introduit dans son histoire.

Il y aura une communication selon le problème afin de cheminer vers les solutions possibles mais là encore il reste le libre arbitre. Et il y aura l’écoute de l’étranger de celui que l’on ne connaît pas qui petit à petit lèvera le voile de son intimité pour se livrer à vous.

Se sera aller à sa rencontre timidement le coeur serré en avancent petit à petit vers le chemin de sa souffrance, dans ses silences, dans ses larmes, ses souvenirs, ses regrets, ses colères, ses désirs et ses sourires,  il choisira les limites ou il désire m’accueillir.

Il est le maître du « Je » me permettant de partager ces instants tellement vrais ou il m’apprendra le pouvoir de se taire car se taire est un pouvoir permettant à l’autre de s’entendre, d’entendre sa souffrance, se faire l’écho de sa résonance intérieure, le témoin silencieux

Savoir écouter c’est aussi être prêt à tout entendre, l’interlocuteur attentif a nos différents gestes, positions générales et réactions visuelles déterminera par ces facteurs la qualité de notre écoute. Cette écoute dépendra de la réceptivité que l’on portera et à l’effacement de notre pensée devant l’autre, il faudra donc être capable de sa taire en paroles et en pensées, accepter nos propres limites et se déculpabiliser dès le départ, au premier contact il faut se remémorer à chaque relation que nous donnons simplement de notre temps sans rien attendre en retour, cela évitera les états de frustration, la règle est simple recevoir et accepter de s’investir sans jugement en évitant les « Moi Je ou les Moi Si », ne pas vouloir tout connaître par des questions ou à la longue on ne fait que s’entendre en oubliant l’autre ou en tombant dans le piège de vouloir aider par des conseils selon ses propres désirs qui peuvent aboutir à de la moralité.

Dans une écoute étrangère il faut savoir que les réactions tactiles que l’on pourrait avoir peuvent par certaines personnes ne pas être acceptées dans l’immédiat, il faut donc se tenir à distance afin de ne pas avoir de gestes provocateurs, si on est trop près et que l’on touche la personne, elle se sentira peut-être trop investi et si on est trop loin cela peut signifier que nous sommes distant à ce qu’elle nous raconte et peut alors ressentir de l’indifférence. Il faut être à l’écoute de son corps et laisser l’autre venir. Déceler ses émotions à travers son visage, ses yeux, ses mains, sa position, sa sérénité ou sa nervosité.

Garder une neutralité car il s’agit d’un monologue et accepter de s’effacer devant l’autre en  évitant de réagir à ses propres envies, savoir reconnaître l’autre comme étant la seule personne ayant un réel besoin par son état de se confier, de partager ou l’autre émet sa peine vers ce récepteur que nous sommes.

Dans les débuts la qualité de la présence marquera la création d’une relation qui permettra de cheminer avec la personne vers des voies de communications profondes ou se glisseront des moments de silence, très difficiles à supporter et c’est souvent dans ces moments que par un regard, un geste l’autre déverse en nous toutes ses craintes, ses angoisses, ses regrets, ses questions, ses joies ou son soulagement. Nous vivons là une expérience émotionnelle très intense, il ne faut pas fuir, ne pas craindre ce regard, le tenir et partager ses angoisses, des larmes surgiront peut-être, il ne faut pas en avoir honte, elles sont humaines et signifient simplement que nos sommes en symbiose compatissante à sa peine.

Pas de dialogue tout est compris.