L’UNION FAIT LA FORCE

 

                 Certes et pour que cette UNITÉ puisse se réaliser dans sa plénitude, il est indispensable, pour chacun, de prendre davantage conscience de ses responsabilités et de développer en soi les vertus nécessaires comme la Tolérance - l’Humilité - l’Amour du prochain.


LA TOLÉRANCE

                 En 1763 Voltaire écrivait « Un traité sur la Tolérance ». Âgé de 73 ans, il était écouté et respecté de toute l’Europe.

                 Il prend donc sans hésitation appui sur l ’affaire « Calas » dont on vient de souligner l’horreur, en montant une sorte de « Campagne de presse ».

                 Il évoque l’innocence de Calas et les méfaits du fanatisme, puis, il étudie l’Intolérance à travers les siècles. C’est dire qu’elle n’est pas nouvelle et que son contraire reste toujours et vivement d’actualité.

                 En s’appuyant sur des écrits sacrés il rappelle qu’il faut regarder tous les hommes comme nos frères.

- Quoi ? mon frère le Turc ? mon frère le Chinois ? l’Africain  ? Le Calédonien ? Hé Oui ! sans aucun doute.

                 Ne sommes-nous pas tous enfants du même père et créatures du même DIEU ?

- Alors Voltaire se tourne vers «  Le DIEU de tous les êtres » et invite les fidèles de toute religion à se tolérer mutuellement c’est à dire à

 

                 Accepter l’autre dans sa différence raciale, religieuse, culturelle, sociale. Tolérer, c’est donc supporter avec bienveillance, ce qui n’est pas « Nous » ou le reflet de notre image.

 

                 Ainsi la Tolérance, ne vaut que contre soi-même et en faveur d’autrui.

                 Tolérer toutes les opinions, c’est faire effort, parce qu’elles différent des nôtres ou qu’elles nous choquent.

                 - Mais tolérer la souffrance des autres, tolérer l’injustice dont on n’est pas soi-même victimes, tolérer l’honneur qui nous épargne, ce n’est pas de la tolérance, c’est de l’Indifférence et de l’Égoïsme.

                 - Par ailleurs dans les domaines où « La Vérité » est présentée comme une certitude absolue, la tolérance n’est pas de mise non plus ( ex : le domaine scientifique, l’intégrisme religieux ...)

                   Il n’y a plus de progression possible alors.

                   La Tolérance donc a des limites, elle ne peut pas exister si elle vise à devenir absolue, même envers les intolérants parce qu’elle serait anéantie par les assauts des intolérants.

                 - Poussée à l’extrême la Tolérance finit par se nier elle-même, parce qu’elle laisserait les mains libres à ceux qui veulent la supprimer.

                   Ainsi une action intolérante, un groupe intolérant, doivent être interdits, s’ils menacent la liberté et les conditions d’existence de la Tolérance même.

                 - Au-dessus d’un certain seuil, on doit protéger la société par la force si nécessaire.

                 - La tolérance dans son application est si exigeante envers ses pratiquants qu’elle mérite le nom de « Vertu Suprême ».

                   Pour devenir « Tolérant » il faut créer en soi « Un Nouvel État d’Être » et le faire vivre autour de soi, dans les groupes, la Société...

                   C’est tout une rééducation à cultiver, en maintenant dans sa pensée que les autres sont nos semblables sans préjugés regrettables qui nous empêchent de voir Objectivement ceux qui ne nous ressemblent pas.

                   Ceci implique d’observer nos habitudes de penser avec plus de discernement, nos actions qui ne sont pas toujours clairement explicables aux yeux des autres, de porter un regard sur l’autre qui le rende à lui-même, dans le respect de sa personne.

                 - Cette vertu se conquière et exige une vigilance de tous les instants dans le comportement ; elle engage, la bonne volonté, la personnalité toute entière, le temps, le cœur : c’est faire vivre l’amour du prochain en somme.

                   - Combien de fois, peut-on surprendre son propre esprit à faire spontanément en lui-même face à « l’Autre » des remarques, des critiques ou encore s’étonner, s’intriguer.

                 - Cet autre ressent toutes nos impressions ou vibrations intérieures, plus ou moins négatives, et qui se lisent aussi sur notre physionomie ou dans notre comportement et répondra en conséquence.

                 - La tolérance en appelle au respect mutuel et elle n’existe pas à sens unique.

                 - DIEU ne nous a pas donné un cœur pour se haïr, des mains pour nous égorger. Il faut s’aider mutuellement au contraire pour faire face au fardeau d’une vie pénible.

                   Et que les petites différences entre les vêtements entre nos langages insuffisants, entre nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux et si égales aux yeux de DIEU, toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés « Hommes » ne soient pas des signaux de persécution. Que ceux qui couvrent leurs vêtements d’une toile blanche pour dire qu’il faut aimer DIEU ne détestent pas ceux qui disent la même chose, sous un manteau de laine noire.

 

                   Puissent les hommes se souvenir qu’ils sont frères, qu’ils aient en horreur la Tyrannie exercée sur les esprits, comme ils ont en exécration le brigandage qui enlève par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible.

                   En acceptant les différences, on peut évoluer à travers elles, l’autre peut posséder aussi outre sa vérité une part de la Vérité.

                 - La confrontation d’idées enrichit et de deux idées confrontées peut naître une troisième.

                   Pour se développer dans sa plénitude la Tolérance appelle trois autres vertus

                   La Charité :             La Main tendue vers l’autre.

                   La Foi :                     Croire à une humanitude possible.

                   Espérance            en un monde amélioré.

 

Comment y parvenir ?

                 - A l’aide de comportements nouveaux évoqués plus hauts pour Évoluer et Marcher ensemble vers la Connaissance Essentielle.

                   Il y a 6 milliards de petites fourmis comme nous sur la terre et notre  fourmilière n’est pas la seule à être chère à DIEU et penser que dans un Univers de plus de 15 milliards d’années lumière toujours en extension notre système solaire n’est qu’une infime petite partie de ce monde,

                   Ce qui nous renvoie, plus gravement, plus sagement à nos besognes, à nos humbles vérités provisoires, vers celles de nos Vérités qui ne sont pas provisoires.

 

Symposium 2000 Texte : ANNA